ET SI…

Interrompus pendant plus de six mois dans notre activité par la crise sanitaire, dans l’attente d’une hypothétique reprise, l’urgence d’une démarche politique, active, militante, constructive nous ramène au plateau, au Commun, à l’expression d’une réflexion commune, dans un contexte collectif : la famille, la troupe, le quartier, le village. Le Commun nous aspire et nous oblige si nous voulons contribuer à une évolution par le haut, si nous voulons nous plonger dans le mouvement de l’Histoire…

C’est toujours curieusement vertigineux, ce moment-là, ça part du vide. Ça part du chaos et des nuits sans sommeil, ça part du bonheur de faire ensemble, nos cerveaux qui s’additionnent, la fureur de dire, d’écrire, reprendre la main sur le monde qui nous déborde, reprendre la main sur l’instant. La magie de retendre nos phrases, déplisser, déployer, dans le sens de nos colères, de nos dignités, l’image fuse. On déconfine nos idées. On y va…

ET SI JE REGARDE LE MONDE AU FOND DES YEUX

Dans ce contexte particulier, Inès Fehner s’apprête à lancer l’aventure de sa première création tout public. « Et si je regarde le monde au fond de mes yeux ». Mise en scène et co-écriture à 4 mains, Inès est à la barre pour dessiner les contours de ce prochain spectacle, interroger la forme théâtrale, fouiller nos utopies, nos replis, l’heure de nos choix.

Après un parcours dans le jeune public en tant qu’auteure (Tertium éditions), metteuse en scène et comédienne, Inès propose aujourd’hui de travailler sur un questionnement qui s’inscrit et prolonge la démarche artistique de notre précédent spectacle « Nous étions debout et nous ne le savions pas », cherchant une nouvelle façon de prendre position, de prendre la parole.

Et si je regarde le monde au fond de mes yeux, il s’y passe quoi ?
Je regarde l’autre, l’étranger, le fou, l’écolo, celui qui se dit qu’on s’en fout, celui qui se réveille la nuit en se demandant quand est-ce que tout va exploser, celui qui accueille, celui qui s’engage, celui qui rejette, celui qui emmène, celui qui exclut.
Tant d’identités, de discours, de témoignages contraires. On se questionne aujourd’hui, et on se rend compte qu’il y a quelque chose qui nous rassemble, chacun à son échelle. La peur nous amène tous à des solutions contraires. La peur qui nous fait avancer, reculer, rejeter, accepter, la peur de sauter.
Se poser la question de ce que la peur peut nous entrainer à ressentir les uns pour les autres, accepter de faire exploser nos cocons.
C’est ce que nous essayons de faire en écrivant à 4 cette nouvelle pièce. Écrire à 4 les choses qui intimement nous touchent, nous questionnent. Le monde au fond de nos 8 yeux. Il y a quoi au fond des tiens ?
On regarde, on se plonge dans ce regard et on y trouve des mots. Des mots qui, on l’espère, vous résonneront.

Inès Fehner