ANTON ÉMOIS

d’Anton Tchekhov
Chanson et musique originale de Philippe Cataix
Mise en scène collective
Création décor et costumes de Marion Bouvarel
Construction décor de Josselin Roche
Lumière de Patrice Lécussan

à partir de 12 ans
durée 60 min
Création 2020

« C’est dans Tchekhov, au fil des jours, que j’ai appris à ne pas désespérer de l’homme.
Paradoxe ? Celui qui fut appelé le « spectateur désenchanté », « le chanteur de l’ennui », «  le pessimiste d’une fin de siècle », peut-il être un maître à penser ?
C’est vrai, il ne délivre aucun message, il ne donne aucune réponses idéologique au mal de vivre.
Pourtant, il est là, homme de notre temps, en avance sur le sien, nous renvoyant de nous-mêmes une image vraie, objective, sans fioriture, cruelle même. Nous nous reconnaissons.
Mais il renvoie avec cette image tellement  de compassion, d’humour et de tendresse que nous nous prenons à  nous aimer.
Une petite voix secrète, mais facile à décrypter, qui court tout au long de son œuvre, nous dit le chemin à suivre.
« Docteur Tchekhov » n’est pas une biographie. C’est une hagiographie, diront certains. Sans doute car, lorsqu’on aime Tchekhov, ce ne peut être que passionnément. En plaisantant à sa manière, je pourrais dire : c’est un mode d’emploi.
J’ai seulement voulu parler d’un confrère, montrer l’importance de la formation et de la pratique médicale dans son œuvre, et comment, dans ces temps difficiles et absurdes que nous vivons, sa confiance en l’homme nous aide et nous donne les clés d’un comment vivre, sinon pourquoi. »

Dr Andrée-Marie Bouvarel.
Avant-propos Docteur Tchekhov Tertium Éditions -2017

 

ANTON ÉMOIS •

Un mélange de fête et de noirceur, de chaleur humaine et de froid sibérien, de désir et d’apathie… Anton Tchekhov souffle autour du samovar, dans la douce chaleur russe, un vent puissant d’humanité et de paradoxes…

Un Compagnonnage

Les écrits de Tchekhov ont peu à peu, sur les trente années de son existence, tissé une trame au travail de l’Agit.
Des nouvelles adaptées du Cabaret Tchekhov (1996), jusqu’au film de Léa Fehner  Les Ogres (2015) puis Le bal des Ogres (2016), ses textes nous ont nourris, emmenés, soutenus, aidés à comprendre même notre métier.
Anton Tchekhov, compagnon de route de la compagnie, se retrouve cette année encore au cœur de la création agitée.
La densité et la richesse de ses nouvelles s’y prêtent, leur actualité nous aimante.

Docteur Tchekhov, bagage patrimonial de l’Agit

Et puis il y a ce livre d’Andrée-Marie Bouvarel : Docteur Tchekhov, qui fait partie depuis toutes ces années des bagages filiaux, du patrimoine de l’Agit.

Andrée Marie Bouvarel est médecin.
Sa fille Marion, co-fondatrice de l’Agit, pourra dire d’elle en imitant une phrase de Brigitte Lefèvre : «Ma mère adorait Tchekhov, et moi j’adorais ma mère».

Hagiographie plutôt que biographie, Docteur Tchekhov est une longue lettre d’amour à Anton, un remerciement d’avoir rapproché dans sa vie littérature et médecine, humanisme et observation de l’humain, profonde tendresse et constat parfois cruel de la faiblesse et la veulerie du genre.
A cette auteure passionnée, médecin en écho d’un autre, nous laisserons endosser le fil rouge du spectacle par de courts extraits de son œuvre.

Musique !

 Et enfin,  parce que dans ce spectacle tout est affaire de résonance, la musique trouve naturellement sa place à côté des mots de Tchekhov.
Les nouvelles de Tchekhov nous enveloppent d’une complicité qui entre en résonance avec la poésie. Il nous semble qu’elles se partagent à l’accordéon. Il nous semble qu’il existe entre la chanson et les mots proches et lointains de Tchekhov des accords de principe, qui font naître l’émoi, nos émois… «Anton Emois.» 

A l’Agit, la complicité s’incarne avec Philippe Cataix, et c’est tout naturellement que sa poésie chantée s’infuse dans le spectacle. «Une femme», «Les yeux noirs», «Rimes», «Anton et moi»… Le spectacle peut commencer.

A la carte

Les ingrédients sont là mais le choix est immense. Les nouvelles de Tchekhov prennent deux volumes et demi de la Pléiade. La structure du spectacle absorbe cette envie dévorante de tout dire. Le spectateur fait son choix : les femmes, la folie, la nature, justice et société… En choisissant un thème, chacun participe à dessiner le spectacle. Un spectacle chaque fois unique, faisant «jouer» toutes les facettes de Tchekhov, miroirs d’une société dont les problématiques résonnent toujours à nos oreilles.

Un spectacle léger et musical qui donne à voir et à entendre l’inimitable humanité d’Anton Tchekhov.

Avec le soutien du Conseil Départemental de la Haute Garonne, du Conseil Régional Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, de la Mairie de Toulouse
Avec le soutien du Tracteur Cintegabelle et du CMCAS Théâtre de la Brique Rouge