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L’Agit est une structure de création qui, depuis 20 ans, a basé son action sur l’itinérance avec son outil chapiteau.
Elle a diffusé dans la France entière ainsi qu’à l’étranger et a mis son chapiteau au service des publics en jouant dans les prisons, les hôpitaux psychiatriques, dans les quartiers urbains populaires et les zones rurales éloignées... En cela elle a été pionnière et a été depuis rejointe par d’autres structures qui ont entrepris le même genre de travail.
C’est la création théâtrale qui a été son point de départ et qui motive dès le début son existence.
Sur ses trajets l’AGIT rencontre les populations autour de textes contemporains qui se posent en écho des préoccupations des gens, et qui parlent de différences de culture, d’identités, de généalogies, des générations, des origines et de l’intimité plus ou moins avouable des familles.
L’Agit se nourrit toujours des problématiques qu’elle rencontre sur les pas ou les traces de ses voyages majuscules (Niger) ou minuscules.
Le choix du théâtre itinérant c’est le choix d’un espace de liberté pour ceux qui le pratiquent, qui parviennent à préserver par leurs propres moyens leur autonomie de mouvement, s’affranchissant par là-même de certaines contraintes institutionnelles et leur permettant de se distinguer de façon originale des esthétiques dominantes.
Nous recherchons l’altérité, la rencontre avec celle ou celui qui ne nous ressemble pas. C’est cette itinérance qui nous porte à aller ailleurs. Mais nous savons que cet ailleurs est parfois à côté de nous et que, par l’immigration, le voyage peut aussi venir à nous de l’autre côté de la rue, dans les quartiers et dans les écoles.
C’est cette itinérance là que nous recherchons. Celle du désenclavement d’une culture qui n’est pas seulement nourrie de l’excellence pour tous, mais du « créer avec ». Au delà de s’adresser à son semblable dans une sorte d’effet miroir, c’est celui qui ne nous ressemble pas que nous souhaitons rencontrer pendant le travail et sur nos gradins.
Nos créations acceptent des influences en dehors même du champ culturel, elles se nourrissent du champ social et de ses contradictions. Elles acceptent d’être secouées par la rugosité de certaines confrontations.
Elles expérimentent un champ difficile et risqué, mais qui nous paraît être le seul valable pour réinventer, à partir d’un langage poétique, un nouveau rapport au monde et à la diversité.
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