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Une Tempête Adaptation pour un théâtre nègre de « La tempête » de Shakespeare, la pièce d’Aimé Césaire ramasse les cinq actes en trois. Prospero, le maître colonisateur est blanc, Caliban, l’esclave révolté et Ariel l’enchanteur sont noirs. La pièce écrite en 1969, pose les deux personnages de couleur comme des représentations conflictuelles entre Malcom X et Martin Luther King.
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Deux parti-pris de mise en scène : S’appuyer sur une évolution historique de la colonisation, sans craindre les anachronismes et les clichés, pour traiter la fable. Passer du naufrage shakespearien à la conquête de l’île vierge par l’explorateur tendance Livingstone, sauter de la perruque au casque colonial pour finir en casquette Paris-Dakar ou de la chéchia au béret noir de la révolte. Se souvenir de « Y a bon ! » et finir aujourd’hui. Un aujourd’hui de fiction dans lequel un Prospero, vieilli et drapé dans son héritage colonial, hurle encore après un Caliban qui chante la liberté.
Traiter le thème de la manipulation et dessiner une farce tragique brassant humains, objets, masques et poupées vaudou ou marionnettes. Au début de la pièce un meneur de jeu distribue les rôles, il sera Chronos le grand manipulateur. Ariel se joue des petits pantins blancs et Prospero tire les ficelles. Les liens de l’amour se tissent-ils vraiment seuls ? Les tailles des personnages s’étirent, se tassent et les espaces se confondent. Qui est la marionnette de qui ?
Une luxuriance musicale accentuera la fausse évolution historique. Une création originale est commandée. Le son qu’il soit enregistré (quatuor d’instruments à vents) ou joué par les comédiens sera omniprésent afin de permettre l’émergence du silence.
La scénographie permettra de dévoiler les coulisses, câbles visibles et liens simulés, haubans et drisses, ficelles tirées par les hommes ou par les divinités. Une île-machine et sa reproduction miniature doivent permettre aux espaces de jeu d’émerger des profondeurs de l’île, forêt tropicale, rives exotiques ou grotte matrice de Caliban.
Il sera question de revisiter encore une fois Schlemmer et le Bauhaus, de débusquer les images à la Jean Paul Goude, de piller dans les mémoires de la réclame sans oublier de faire un détour vers le réalisme soviétique.
Mémoires africaines, imagerie d’Epinal et des livres scolaire de l’Histoire de France façon Jules Ferry pour toiles peintes.
Couleurs vives
Espaces multiples
Apparitions, disparitions, le temps passe
Chronos s’impose (à moins qu’il ne se laisse déborder…)
Et finir au vingt et unième siècle, un aujourd’hui de fiction où l’île paradisiaque n’aurait ni relents d’hydrocarbures ni résidences hôtelières de luxe mais une nature préservée permettant à ses habitants d’origine de vivre en harmonie.
Juste une image…
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Distribution en cours : Prospero : François Fehner
Miranda : Claude Sanchez
Ferdinand / Alonzo : Philippe Cataix
Trinculo / Antonio : Didier Le Gouic
Stephano / Gonzalo : Antoine Bersoux
Ariel : Joachim Sanger
Caliban : Alhassane Maïga
Meneur de jeu-Chronos, féerie jonglée : ??
Tempête, féerie manipulée : ??
Création musicale : Malik Richeux
Décors / Costumes : La fiancée du pirate
Construction marionnettes / Objets : Guillermo Fernandez
Lumières : Arnaud Veyrat
Son : Joël Abriac
Equipe technique de l’AGIT
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