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Bruno Roussagol – Cassandre été 2005 « Un pauvre mobilier : deux tables, deux chaises. Des verres vides, des verres plus ou moins pleins, des bouteilles vides, une bouteille de champagne… Une femme nous regarde. C’esl l’actrice. Un homme entre, ce sera l’acteur. Elle chante a cappella, et déjà les larmes montent. Là, au milieu des champs, une femme chante, et c’est toute l’humanité féminine qui se jette sur nous, les spectateurs, nous qui avons consenti à quitter notre maison, notre famille ou notre solitude pour un bain d’inconnu.
Bain moussant, car l’homme fait péter le champagne ! Une odeur de pomme se répand, submergeant ses paroles d’amour, d’alcool, de solitude, forcément. Rires, sourires, mélancolie. Vive le théâtre ! Cette odeur de jus de pomme tue le champagne et dit mieux que tout discours la pauvreté et le désir. Tout à l’heure, la femme, l’actrice, a accompagné son chantt à lui en tapant des verres plus ou moins vides, accordés. C’était bon comme du bon Brecht : de l’art avec pas grand chose. J’en écrirais des pages s’il ne fallait pas abréger. (…)
Ce soir là, nous fûmes heureux ensemble quelques instants. En fait, une éternité puisque nous avons rendu disponible du temps de cerveau pour perpetuer un acte fondateur de l’humanité : l’act théâtrale. Au fait : et vous, ça vous plaît le théâtre ? »
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